LE BAR DES MORTS
LES PERSONNAGES
MAX
L'HOMME MASQUÉ
ALICE
EDITH
JULES
P'TIT LOUIS
LE FRÈRE DE P'TIT LOUIS
YANN
ZACK
PAUL
ABDEL
BOX
Acte 1
Voix off
La scène vit...
(un temps court)
Silence !
VOIX OFF
La mort ? Ce n'est qu'un mot de tête furieux !
Le fond de la scène s'allume, le bar regarde le public. Au creux du bar le barman lave nos verres, tête baissée, on ne voit pas son visage...Ses gestes dansent, peut-être de joie !
Son
Musique qui passe à l'envers
(Bob Marley)
Le barman se redresse de sous le comptoir. Un homme se redresse aussi... Il est masqué et habillé comme lui; ils se poussent. L'homme masqué l'éjecte, crack ! Le barman s'arrête... silence...
Le barman
Je...
L'homme masque
( Il parle en voix-off de la même voix que le barman... )
Je ! Va derrière le bar, je te sers un verre !
Le barman obéit...
L'HOMME MASQUE
Tu te souviens ?
Il lève le doigt au ciel.
SON
Bruits stridents
Le barman couvre ses oreilles.
L'HOMME MASQUE
(lui servant un verre)
Regarde-toi bien !
(Lui prenant la tête)
Hein toi !
(Le volume de sa voix-off hausse)
Toi, toi, devant toi !
Le barman cligne des yeux.
L'HOMME MASQUE
Tu te rappelles, ou, ce n'est que la crainte de te voir en face ? De te faire face, alors ?
Le BARMAN
Je me rappelle avoir eut une famille... tout comme avoir été un homme...
VOIX OFF
Laissez courir l'hombre !
LE BARMAN
Je crois en ce dernier regard qui jadis m'a fait naître ou mourir, ici, et je ne sais pas ! Où se trouve la minute fatale où j'ai vu s'entrouvrir la mort ici.
SON
Bruits stridents, tirs, cris !
Lumière sur toute la scène. Des corps sont allongés par terre, rouge vif !
L'HOMME MASQUE
Tu te vois pas là ? Hein, mon amour, mon vise à vie ! Ah, ah, ah, mais qui es-tu ? hein au fait ?
L'homme masqué marionnettise le barman, chaque geste est une pulsion que l'homme masqué orchestre... le barman âme violée titube aux gestes dominateurs de l'homme masqué.
VOIX OFF
Je coupe les fils de la marionnette !
Le barman tombe.
Le BARMAN
C'est toi, hein, qu'a fait ça ? Tiens-moi debout !
L'homme masqué s'approche en bougeant les bras, comme pour réveiller le corps du barman.
Le BARMAN
J'ai peur de toi !
L'homme masqué s'approche en corps, stop, sert les poings fort.
L'HOMME MASQUE
(tendrement)
De toi Max, de toi !
L'homme masque saute, le barman est aspiré, il s'écroule, anéanti par la fureur...
Noir
SON
Bruits de pas, quatre notes au piano, toujours les mêmes, un cri de chat...
VOIX OFF
Arrêtez Max !
SON
Battement de coeur, bruit de tir !
VOIX OFF
Il est devenu fou ! Max ! Max !
Lumière
L"homme masqué se tient au milieu des cadavres.
L'HOMME MASQUE
(rieur)
T'as peur de toi Max ?
Il enlève le masque, c'est le barman...
Max
Non, mais non !
Un temps long.
MAX
Un peu de ménages ici, ce serait bien !
Il relève les tables, et chante en traînant les corps qu'il replace sur les chaises.
LuMIÈRE
Les corps tiennent bien en place, ils se raidissent, comme revenant d'une bourre des diables...
MAX
Allez Abel, mets-toi bien, mon vieux !
Il le couche à côté du bar. Il installe Box sur un siège et le cale sur le bar.
MAX
Sale Irlandais, fous ton cul là mon pote !
Il assoit Yann et Zack sur deux sièges à une table. Il laisse Paul couché.
MAX
Allez ! On va fêter ça.
Il va derrière le bar, allume de la musique et danse de ses gros pas de lourdaud, mis en fête par le Reggae.
MAX
Yeah
(Il boit)
J'ai mal à la tête, mais ça m'aide à m'en servir !
Il se baisse en un geste cool jazz, se relève et montre du champagne !
MAX
(En un clin d’oeil)
Un p'tit coup les gars ?
À ce son.
Abel
Arrose Max !
Yann
Eh Max ! Inonde ! Zack et moi on repète ça !
Paul s'enlève un verre, et montre, avec une torche, une affiche porno.
Paul
Une p'tite coupe aussi pour la petite blonde, Mac !
MAX
Ça roule mes poules ?
Abel traîne son verre sur le comptoir aller et retour. Max le sert.
MaX
À volonté mes damnés !
Box
Un pour toujours !
Max sert.
Yann et Zack pètent et rotent le bide à l'air.
YANN
Zack, écoute le son !
Il pète.
Zack
Sale croque-mort prend ça !
Il rote.
Sur le bord de la scène, Paul entre en matière...
PAUL
Belle blonde, poitrinée, saucissonnée, en de belles tranches... j'ai faim !
Il regarde dans le vide qui l'entoure.
PAUL
De toi, oh !
Il s'approche, matcho, puis des yeux, l'enlace.
PAUL
Pardon, oui doucement je brode, alors ? Belle écrevisse ?!
Le reste se murmure à l'oreille de la dame.
VOIX OFF
Pas de musique, pas de jeu, on vit ici, deux poings sur la table !
SON
Grondements
Tout le monde bouge comme s'il y avait un tremblement de terre. Une femme entre c'est Alice.
SON
Tam-tam qui imite le coeur qui bat...
Tous se lèvent, ils marchent en poussée...et gargouillent des choses que l'on n'entend, ni ne comprend... Max tape sur le bar et le son de leur converse se fait entendre.
ABEL
C'est parce qu'il fait noir que tu visites les bars ?
Alice
Je suis venue ici pour vous distraire, je sens que je vais partir pour vous distraire, bande de morts !
Elle regarde.
ALICE
Quel bordel ici ! Je reviendrai quand tout sera rangé...
MAX
Ce sera fermé !
BOX
Elle arrive au bal, tout emmitouflée, mais ses cheveux indiquent qu'elle se diffame...
(En gueulant)
T'es ici parce qu'on t'accepte nulle part ?
Elle s'assoit à côté de Yann et Zack.
YANN
(postillonnant)
Jj'ai vvu ma peau sse décolller, jj'ai vvu la mmort ddans lles maggazzines. M'elllectrocuter ssans rrien ddirre... bouhhh !
ALICE
Arrête ton char !
YANN
(Tout simplement)
Je dis n'importe quoi pour trouver un intérêt à la boisson, c'est tout !
ZACK
D'où viens-tu ? Pourquoi cette ressemblance ?
Un temps long.
ALICE
Il faisait noir, je marchais et mon ombre allait plus vite que moi et je suis là... je suis belle quand je meurs, il y a écrit ça sur ma tombe... je suis belle quand je ris, ça je suis revenue pour le dire. J'ai signé la mort dans le dos. Il y avait ces mots en lettre rouges sur ma tombe, à travers les "Never More". Le son contraire qui me crie: meurs !
Elle va vers Max.
ALICE
C'est ça ! Je veux une bière !
Le poing sur la table.
MAX
Quoi ?
(fort)
Tu veux quoi ? Tu parlais ? Pardon, j'écoutais pas !
Elle tape des pieds en impulsion.
SoN
Bruit qui déplace les murs.
Tous les clients se mettent à bouger dans tous les sens, ivres de leur sang... peut-être du nôtre ? Ils s'affolent un peu, s'aliènent, le vent souffle la réflexion, ... ils se calment. Abel fait des gestes d'automate déréglé. Box a un geste frénétique qui envoie Yann par terre. Paul s'accroche à sa photo, la supplie, fait le tour de la scène et revient. Abel et Zack tapent des pieds. Yann joue le cochon.
YANN
Grouinkk !!
Max et Alice sont au ralenti.
MAX
Tu émets, des mais, ok ? C'est pourtant sûr mais Sanson !
Il prend son chiffon, le met sur son épaule et met ses deux mains sur le bar.
MaX
Vous désirez ?
Changement frénétique de lumière pendant 4 minutes
Alice prend une bouteille, tape sur la tête de Max qui évite le coup mais va choir la tête au fond du bar... elle se retourne le tesson de bouteille à la main et les affronte.
SON
De grattements, de claques, de seaux d'eau, des claques, puis une musique douce.
ALICE
Si on chantait pour oublier qu'on vit ?
Max se relève. Alice lui agrippant la tignasse.
ALICE
Je n'ai de respect pour personne ! Je ne connais que toi, personne !
Les autres
(en choeur)
Deuxième dilemme; l'hypocrisie... c'est un défaut malsain qui me ronge...
Noir
Acte 2
Lumière sur Edith.
SON
Big bang back home zion de Bob Marley
Edith
Quand je fais l'amour à un homme, je veux qu'il m'aime pour deux...
Elle se gratte l'épaule, comme pour se toucher, lève la tête.
EDITH
Eh ! Pourquoi me regardes-tu dans le noir, toi que me veux du bien ?
Un temps.
LuMIÈRE sur le barman
MAX
J'aimerais jouer sans texte, mais je ne sais plus quoi dire.
EDITH
J'ai soif !
Le côté cour s'allume
La scène représente une mini-salle à manger, une télé, un fauteuil. Quelqu'un est assis dedans, inerte. Un homme et deux enfants surgissent...
Jules
Edith ! Tu sors en laissant la porte ouverte pour qu'on étrangle les enfants ou quoi ? Allez les petits...
EDITH
Vous êtes témoins d'une scène d'amitié, l'amour n'existe pas...
Elle se prend la tête dans la main et parle plus vite.
EDITH
Ouvre ton livre et écris Amour sans A et la page du livre se fermera toute seule, mon gros Jules !
JULES
On dîne de quoi ce soir, j'ai faim de ne pas savoir.
Un temps long.
JULES
Ah, vraiment... je travaille dur et très tard, je gagne notre argent !
(Il fait un tour, énervé)
Que tu dépenses à boire, à vadrouiller, blabla ? Blablabla, bla ! bla bla bla...
SON
Bruits stridents
Edith se retourne brusquement, sert le poing haut, puis se retourne doucement...
EDITH
Encore ce bruit ! Je... suis assise dans un fauteuil, je regarde la télé et je bois de la bière et mon sang...
Jules s'immobilise. Edith punit.
EDITH
Ne t'alarmes pas !
EDITH
(patiemment)
Jules ! Une maison c'est fait pour des gens, on étouffe ici ! Derrière la vitre, il me regarde en me tendant la main, je me retourne, mais c'est devant moi que je dois regarder ou ne pas regarder ?... Mon bébé, il est si attendrissant, il est tard, Jules tu n'es pas encore rentré, je t'attends.
MAX
Si l'image est brouillée derrière toi, c'est pour ton bien.
(Il lève les bras comme pour faire naître l'atmosphère)
LumiÈRE aveuglante
SON
Bruits stridents
MAX
C'est toujours derrière toi ?
EDITH
Est-ce que c'est toi qui embrasse les vitres Max ? Et pourquoi me regardes-tu à travers la vitre ? Tu n'ouvres pas la porte ?
Un temps. Max prend une bouteille qu'il donne à Edith.
MAX
Bois chère Edith !
Jules est assis à côté du corps d'Edith, boit de la bière, et regarde la télé comme un mec bien.
EDITH
Les arbres brûlent, les gosses dorment, je veux voir d'où vient la fumée. Un homme me mitraille de photo... derrière-moi quatre yeux me regardent, le sais-tu ? Ça !... forment-ils un seul corps, Max ? Assis devant moi des oreilles et des yeux soupirent. Au lieu d'un visage, je vois trois faces. Je me gratte alors ma troisième face dans la vitre. Grâce au miroir, je peux voir tout, tout ce que je fais... derrière moi à travers la fenêtre. Il y a un chemin entre les trois haies, là est mon passage, tu sais.
Edith caresse le bar, en extirpe une bouteille, en un geste.
SON
Bruits stridents
EDITH
Encore ce bruit ! La porte sans serrure s'ouvre alors que je suis dehors...
MAX
À quoi bon être, ici ? Arrête de t'écouter parler. Ah quoi bon ?
Un temps.
MAX
Mon oreille ? Tiens, prend-la ! Arrête, c'est bien comme ça, tu ne feras rien de mieux. C'est toujours derrière toi ! Tu te tranches les veines !
Jules sursaute, regarde Edith. Il met ses deux mains sur son coeur, implore le ciel, et se couche sur Edith, le bébé d'or s'endort.
MAX
En regardant le bas de la fenêtre... dehors il n'y a jamais rien eu, derrière toi non plus !
EDITH
(Effrayée et soûlée)
Mais ? Tu dis ça ? Sans regarder le miroir !
Elle se laisse tomber sur le bar.
MAX
(Tendre et distant de l'action)
Fais-le s'il te plaît, j'ai froid !
Edith laisse tomber un soupir.
MAX
Merci ! Sur la table il y a deux coquillages, le rayon de nuit vous dit salut !
Jules prend le corps dans ses bras et fait un tour, tournoie avec le corps devant le public, le soulevant et le serrant dans ses bras. Edith le regarde.
EDITH
Une scène d'amour immobile entre eux pour l'éternité.
(Elle tape dans ses mains)
Bravo !
JULES
Pourquoi ?
Edith s'approche pour regarder.
JULES
On était heureux, tu avais deux mômes géniaux, bla, bla, bla, bla, bla, bla, bla...?
Edith déambule, bouteille à la main, ivre, si ivre. Elle entoure Jules de son aisance, un seul pied à la fois la guide. Elle délivre une pression agressive, maintenant ! Elle se snobise en elle.
EDITH
Tous les tableaux sont à l'envers, mais les noms sont écrits à l'endroit.
(Elle s'immobilise tête en bas et secoue la tête)
Une fourmi porte une miette de pain et l'emmène dans ma tête.
Le corps dans le fauteuil bouge aux gestes damnés d'Edith. Jules se renverse horrifié, le corps se renverse sur lui soulagé de sa dernière action. Edith en rejoignant le bar sert ses bras autour de sa taille à elle, à lui... Jules est hypnotisé.
EDITH
Tu m'entends dis, tu dis rien... Tu parles quelle langue ?
JULES
Bla bla bla bla...
EDITH
(Se retourne brusquement)
Oui, merci, merci...
Jules s'allume une clope.
EDITH
Tu fumes, moi aussi...
(Il se remet à parler)
Et moi aussi je parle toute seule, belle
Découverte !
Noir complet lumière sur un petit gosse
Le gosse
Maman !
(En hurlant)
Maman !
EDITH
Si je lui réponds, que pensera-t'il de moi ?
P'tit Louis ! J'ai peur de ne pas voir mourir mes gosses.
NoiR
La scène suivante se passe en voix-off.
EDITH
Qu'est-ce... que tu veux faire quand tu seras grand, p'tit Louis ?
P'tit louis
Je sais pas et toi maman ?
EDITH
Je sais pas p'tit Louis, je t'aime...
P'TIT LOUIS
Moi aussi maman, je t'aime...
LuMIÈRE sur le bord de la scène
MaX
Au revoir.
EDITH
(En partant)
Vous savez, je ne dis jamais merci ni bonjour, alors... je ne vois pas pourquoi vous me diriez au revoir !
MAX
Vous ne seriez pas si fière si je ne vous avais pas photographiée...
Edith est partie avec les Dieux !
VOIX OFF d'edith
Je me regarde, je souris ! Mais le problème, c'est que le miroir prend ça pour lui...
NoiR
Acte 3
Lumière sur max
VOIX OFF
Une femme seule ne peut pas vire, un homme seul ne peut pas naître...
Max est assis dans son fauteuil, côté cour et siffle une bouteille... il lâche la bouteille, et ferme les yeux.
SON
Bruits stridents
La lumiere baisse,
Max s'endort en bougeant la tête...
SON
Bruit de voitures.
MAX
Tu vas voir, c'est un coin super... la campagne ! Tu voulais te reposer dans un endroit de rêve, tu l'as !
ALICE
Oui, mais si tu veux faire du commerce, tu crois pas que la ville s'y prête mieux...
LUMIÈRE
Max et Alice sont au-devant de la scène, ils regardent vers le public.
MAX
Regarde, comment tu trouves la devanture ? C'est bien ?
ALICE
(La main sur la bouche)
Oui, Max... oui....
MAX
Ils seront peinards ici les mômes !
Il se retourne, la regarde dans les yeux.
MAX
Sérieusement
(Un temps et d'un trait)
L'école est à la ville tout près d'ici, on a la route à côté, on aura du monde et ce sera le repos !
ALICE
Le non, c'est quoi ? LE BAR DES MORTS ?
Max l'anguille...
MAX
Écoute le nom c'est rien, on le fera changer, j'ai les clefs, on rentre ?
Ils entrent ...
LUMIÈRE
MAX
(oppressant)
Alors !
ALICE
Oui, c'est très bien... mais je continue à penser que si tu veux faire du commerce...
MAX
(enjoué)
Faire du commerce... en ville... c'est mieux...
(chantant)
Écoute, le terrain plus le bar dix briques une bouchée de moineau, c'est pas une affaire qui roule ça ?
Il la prend dans ses bras et la fait tourner.
MAX
Viens, on va chercher les mômes.
ALICE
Je t'aime...
NoIR
SON
Bruit d'aspirateur.
LumiÈRE
Max est assis dans un fauteuil, la tête dans les mains. Alice fait le ménage.
ALICE
On a eu que deux clients pendant la semaine... des campeurs...
MAX
(Enserrant sa tête pour étouffer sa migraine)
Écoutes, le... si tu ne prends pas patience, tu vas nous porter la poisse
(Sa voix devient lugubre et lente... des profondeurs)
J'ai eu une idée... avant le bar marchait... très bien... remettons l'enseigne à sa place, et... peut-être que... les habitués reviendront.
Alice s'agite, en transpire.
ALICE
Le bar des morts... c'est pas un nom de café ça !
Le regard de Max est fixe et ses yeux se transforment, s'enroulent en spirale vers la fusion... il l'a terrorise... sans intention.
MAX
De toute façon c'est son nom ! Je vais le faire.
Alice parle de plus en plus vite et enchaîne des mots venus du fond de sa gorge.
ALICE
C'est son nom, mais nous sommes les nouveaux propriétaires et nous avons changé l'enseigne, ça nous a coûté de l'argent Max !
Il sort de toute façon pour plus rien n'existe !
VOIX OFF
N'est-ce pas Max ?
MAX
Quoi ?
Il sort.
NOIR
VOIX OFF
Que de toutes les vies plus aucunes n'existent ?
LUMIÈRE
Alice est accoudée au comptoir. Te regarde. Les yeux d'Alice dorment.
Voix ofF
Nous accompagnons ses craintes qui frapperont maintenant !
ALICE
À qui tu parlais hier soir ? Je t'ai entendu parler dans le bar alors qu'il faisait nuit noire...
Max te coupe Alice...
MAX
Je ne parlais pas, qu'est-ce que tu racontes ?
SON
Bruits stridents
MAX
(En alerte)
Encore ce bruit.
ALICE
Quel bruit ?
Max, gestes rapides à l'insecte question.
ALICE
En tout cas tu parlais...
Max bondit, se glisse comme un chat, la torture de névrose et d'un geste la capture. Les sourcils au point culminant, il fait des gestes avec sa langue devant Alice et la tire par les cheveux pour qu'elle le regarde d'en bas...
MAX
Écoutes, il se pourrait bien que tu nous portes la poisse et puis j'en ai marre de tes questions ! Ce soir aura du monde.
ALICE
Mais lâches-moi, tu veux, tu deviens fou ?
NoiR
SON
La musique passe à l'envers.
Abel apparaît. Dans l'obscurité.
SON
Bruits stridents
LUMIÈRE
Max est au bar.
MAX
(Déjà sous hypnose)
Alice, lève-toi y'a du monde !
ALICE
Quoi, à c't heure-là ? Qu'est-ce que c'est que ça encore ?
Alice entre ses traits sont tirée comme si elle n'avait pas dormis depuis très longtemps, en robe de chambre... devant elle, face à face, au bar, Max et Abel.
MAX
Alice, c'est Abel !
La lumière s'étend jusqu'à ÉBLOUIR
Derrière Alice s'avance lentement Box
BOX
(Tel un heureux cadavre)
Et moi c'est Box.
Tous les hommes sont figés par leur rictus, et par cet air si pesant... Alice fait naviguer ses yeux de l'un à l'autre, aperçoit Yann et Zack, un geste de la tête vers Paul terré dans la seule obscurité de la scène, tourné vers le mur, elle s'avance vers lui, à son front une lampe d'archéologue dirigée sur une fille de Play-boy accrochée au mur, il lui parle.
PAUL
Belle blonde... écrevisse, tapissée sur un fond de canard laqué.
Alice en un sursaut d'horreur se précipite vers Max.
ALICE
Ils sont fous nos clients !
MAX
(disjoncté)
Non, allez sers les !
Abdel, doucement traîne son verre sur le bar. Box, soudain attrape Alice et la fait danser.
ALICE
Laches-moi !
Box la regarde comme un sadique et lui tord le bras.
BOX
J'attends qu'elle dise le mot et je la bas.
Max boit en regardant la scène à la télé. Puis doucement, parle à l'homme invisible qui l'observe depuis le début de toute l'histoire.
MAX
J'avais une mère, il y a longtemps, c'n’est pas que ma mère soit morte mais ma femme le croit.
Alice tremblante comme un insecte coincé contre les parois brûlantes d'une lampe de cinq cents watt.
ALICE
C'est bon, je vous sors tout !
Elle court se réfugier derrière le bar, mais Abel l'intercepte.
ABEL
Il est 1 heure 30, c'est pas l'heure de mourir.
Alice se débat, les yeux exorbités, envoie ses pieds et ses poings lancés dans toutes les directions...
ALICE
Arrête, tu me fais peur !
Elle crie, Abel tombe et ne se relève pas. Alice se tourne vers Max, qui s'avance en froid et la gifle. Elle gémit, prend un plateau, va servir Paul comme un automate.
PAUL
Je suis un démon qui sait de quoi il parle, j'ai été un ange avant...
(Il rit d'un rire de damné)
ALICE
Ta gueule ! Ta gueule ! Ta gueule !
Elle va servir du vin à Yann et Zack. Yann lui prend la main de force et la regarde, grimace de croque-mitaine...
YANN
Je me regarde, je tremble...
Zack prend son autre main, lui fait lâcher un cri, et lui sourit, comme s'il était sa tombe...
ZACK
Je pense, je meurs...
YANN et zack
(en choeur)
Je me ressaisis juste au moment où je quitte ma tombe.
ALICE
Arrêtez, arrêtez ! Max ! Dis leur d'arrêter, s'il te plaît, s'il te plaît !
Max souriant comme sous opium...
MAX
Je t'abandonne ce cauchemar, dors bien.
Alice est piégée, elle tourne en rond comme un chat effrayé, Box la chope d'un bras.
BOX
Le chat n'ouvre les yeux qu'une fois pourtant son regard de couguar me fixe, Alice... c'est un cauchemar !
Alice se sauve en criant comme une petite gosse... Box se lève comme un juge, des entrailles du monde. Il s'adresse à Max.
BOX
Regardes pour voir si elle ne s'est pas enfuie, car tu ne sais pas quand tu ...
MAX
Quand elle ! Elle court et se retourne, puis peu à peu se traîne, elle vit car je l'aime... Elle a pris le pistolet, elle se couche finalement, sourit et éclate de rire.
VOIX OFF d'alice
(Dans l'agonie d'une voix rauque et perdue)
Il fait noir, je n'ose plus entendre les bruits que je fais... j'ai peur de voir... autant dormir et mourir... une fois...
Max se bouche les oreilles et gueule.
MAX
Alors tire !
VOIX OFF D'ALICE
Je touche mon cou, mon menton, mes yeux, mon nez, me tête, pleins de sang avant de dire ouf.
Noir COMPLET
SON
Bruits stridents
LUMIÈRE sur le fauteuil
MAX
Je me souviens, ma femme, mes gosses, ont eu leur heure ici, cet instant tinte dans ma tête comme le fracas d'un verre qui tombe dans mon bar où toutes les têtes sonnent creux d'un sommeil de mort.
Fin
LES AIMANTS TERRIBLES
PERSONNAGES
Orlando
Sophia
Orlando enfant = 3ième gosse
1ier gosse
2ième gosse
Sophia "Petite fille"
Sosie d'Orlando
Sosie de Sophia
Mme Verdier
M Dux = 1ier Clochard
Le Gardien = 2ième Clochard
Un flic
1ier garde
2ième garde
Noir
OFF
C'est quoi un homme de dos ?
C'est Dieu qui s'en va...
Et de face ?
Une illusion.
La lumière s'allume côté cour.
La scène est vide.
NoiR
LA LUMIÈRE S'ALLUME
Un piano.
LA LUMIÈRE S'ALLUME
Un chandelier sur le piano.
NoIR
Le chandelier s'allume, on aperçoit un homme, une femme. La femme se met à chanter. La scène se passe en deux faces de lumière...
Sur un côté Sophia chante et Orlando l'accompagne au piano.
Sophia
Pour un pas vu, pas pris.
Les vacances à perpette
Son
Bruit de fracas de porte (x3)
SOPHIA
Vu et pris
C'est deux balles dans la tête.
(Elle chante)
J'ai tué
(Elle tourne)
Souviens t'en
(À son oreille)
J'ai tué, j'en ai oublié leurs noms, j'm'en fous, ils étaient si bons... j'ai encore envie de mourir, de tuer avant que tu n'écrives
(Voix grave de Sophia)
J'ai tué des poètes, j'ai brûlé des acteurs, j'ai piétiné des doc, mais jamais d'écrivains...
Sophia et Orlando partent.
En même qu'elle chantait, sur l'autre côté de la scène s'est déroulée cette scène.
Une femme arrive les cheveux ébouriffés, comme une furie, elle étrangle son sac à main, elle est habillée comme Sophia mais elle est brune. Elle a une barre à la main et frappe un homme. Et elle frappe cet homme si... ah ! Ça continue si... ah... grave... elle sang si... ah ! Elle l'achève.
NOIR
OFF
Stop ! Voilà qui va donner plus de haine encore... criez que vous avez mal, que la vie est injuste, que de dénouement heureux vous n'en aurez
Pas ! mais vous garderez la vie encore quelques heures...
Sophia et Orlando partent.
Noir
Un fil de lumière sur une perruque blonde, sur le piano.
SON
Bruit de crash, guerre en accéléré, gémissements...
NOIR
OFF
(On entend un journaliste bourré)
On apprend à l'instant que le gang des "Aimants" séquestre le personnel de la Rox bank de Paris.
Un temps.
OFF d'un journaliste bourré
Pour le moment, Gangsters et policiers n'ont pris aucun contact, un autre communiqué suivra dès que nous aurons du nouveau... Dan Pasvague sur Air du nord.
OFF d'une femme
Les députés du parti unique viennent de voter pour élire notre prochain suprême... Vous aurez le résultat du vote juste après le grand tirage du Loto, loto sportif, Kit et doublé, tiercé spatial, etc., etc., etc., etc...
Lumière
La scène se passe dans une banque. Orlando coupe la radio. Deux hommes sont debout, regardent le couple, une femme est assise.
Orlando
J'aurai pu m'appeler Dogme, mais je ne veux pas me répandre en Cil labes inutiles, alors sourd, je me réponds à moi de ne jamais m'appeler...
Mme verdier
Tout le monde ici connaît votre nom et votre morale !
ORLANDO
Et qu'elle est-elle, Mme Verdier ?
Sophia se lève et regarde les deux hommes.
Sophia
Y a que madame qui parle...
M dux
Je n'ai rien...
SopHIA
À vous dire ! qu'est-ce qu'il faut faire pour être directeur de banque ?
M DUX
Être honnête.
Sophia passe le flingue sur sa tempe, s'assoit sur la table, écarte les jambes et joue avec son flingue à fléchettes, vise Dux.
SOPHIA
Quand avez-vous découvert votre vocation d'honnêteté, M Dux ?
M DUX
Je l'ai toujours eu pour ma sauvegarde.
Sophia se tourne vers Verdier, joue avec le gun et le flingue à fléchette sur la pauv'dame.
MME VERDIER
J'ai pas envie de crever !
SOPHIA
Quoi, mais pourquoi ? C'est bizarre ! L'attrait d'une vie de bonté mérite une mort du mal...
MME VERDIER
Vandales, assassins !
SOPHIA
Autant de prénoms à mon nom.
MME VERDIER
Vous dépassez du cadre de l'humanité !
SOPHIA
C'est pour en voir les couleurs !
ORLANDO
(applaudit)
Bravo, super, sublime !
SOPHIA
Vous allez nous chanter une chanson maintenant ! Car un de vous va mourir. Peut-être lui... ou elle !
MME VERDIER
Nous sommes en train de parler à des fous !
SOPHIA
Si vous aviez choix ? Vous partiriez, bande d'enculés ! Vous auriez du mépris, de l'incompréhension. Vous avez raison de nous haïr, de nous juger, cela est bien. Vous serez tués avec sang chaud, comme des poulets frites.
Un temps long.
MME VERDIER
(hésitante)
C'est vrai, j'ai du mépris, de la haine pour vous, les gens travaillent toute une vie à créer ce qu'ils croient le mieux pour eux.
M DUX
Ils en chient eux, vous en avez vu vous ? Vous me faites m... mou...Mourir, ... ,non v... vomir !
(Il souffle et détache sa cravate)
SOPHIA
Vous êtes de la race des bien-pensants, il faut pour vous une fin dans les règles, on va établir les principes d'ordre ici avec vous ! Vous êtes le bien nous sommes le mal. Je suis fière et heureuse de ne pas faillir à ma portion, j'entends mériter le mieux possible mon auréole funeste.
Orlando se lève et tue M Dux: Bang ! Un temps. Il prend le téléphone.
ORLANDO
Je vous ai tué avec la plus grande noblesse. Par surprise ! Quel plaisir ! Ah, tout cela est beau !
Sophia tourne comme si elle avait une robe "Marie Poppins" sans s'arrêter.
SOPHIA
Vous allez maintenant tous mourir, une fin ni fine ni grossière, d'une humanité à faire bonheur à vos sens, vous allez mourir ! Pan ! Pan ! Pan !
OrLANDO
(Parle au téléphone)
M Dux est mort par vocation.
SON
Qu'est-ce que vous avez fait calmez-vous !
SOPHIA
(Prend le téléphone)
Quoi, pauvre con, pied de vache ! Une merde désorganisée comme toi doit pourrir la circulation du monde.
OrLANDO
Des otages, c'est très important, il faut en prendre soin. M Dux s'enfonçait dans la morosité en tant que docteur en médecine naturelle, non je pense qu'il s'ennuyait, je suis un peu comme lui, un peu las, soulé par tant de perte. Je prendrai une voiture où il n'y aura aucun flic ou micro, emmerdements...
SON
Vous aurez tout ça ! Et les otages ?
OrLANDO
Eux vont bien. Je crois néanmoins qu'il aimerait être chez eux, inspecteur... je pense...
Un temps, il regarde Sophia.
OrLANDO
Oui, je pense qu'ils en ont un peu marre.
Le gardien évite Sophia et se jette sur Orlando.
Le gardien
Sale ordure !
Ils se battent, Orlando se fait assommer mais Sophia tire dans la jambe du gardien et se précipite sur lui.
SOPHIA
Vous avez pas de la dope ?
La lumière baisse d'un coup
Une porte, elle s'ouvre, une petite fille est propulsée dans la pièce.
SON
Tu resteras là le temps que tu comprennes les règles !
SOPHIA petite
Papa, papa, ouvre-moi la porte, j'le ferai plus, papa, j'veux des forêts, j'veux une robe, j'veux partir, j'veux voir les oiseaux, les suivre, j'veux voler comme eux, papa où es-tu pourquoi, je te vois plus?
La lumière diminue
On ne voit plus la petite fille.
Sophia regarde le gardien évanoui.
SoPHIA
(Au gardien)
Papa, pourquoi les gens mentent !
Le gardien se réveille et ne la regarde pas.
SOPHIA
On partira sur la mer, on ira jouer, on nagera sous l'eau.
(Elle lui prend la main)
Papa m'en veut pas, jette la clef.
(Elle le prend dans sept bras)
LE GARDIEN
Allez ça va Sophia, tais-toi, on ira,
Sophia pleure.
LE GARDIEN
Sur les plages, on ira au port, on prendra le bateau...
Orlando se réveille et écoute comme un enfant.
LE GARDIEN
On ira dans le Pacifique, l'Atlantique, on va voir les bêtises que tu vas faire sur un bateau, attention, faut pas plonger sans moi, attention...
(Il prend l'arme)
Lèves-toi !
SOPHIA
Papa qu'est-ce que tu fais ?
Elle regarde dans le vide.
NOIR
Poursuite sur Sophia petite.
SOPHIA PETITE
Papa, je sais, t'es caché.
La porte s'ouvre.
SOPHIA PETITE
Papa ? Oh, papa, t'es tout beau !
OFF du père
Tiens mon amour, c'est pour toi, je t'aime...
Il jette un flingue, elle le ramasse.
LUMIÈRE
Elle pose le flingue sur Sophia et s'en va en courant.
ORLANDO
(Au gardien)
Arrêtes ou je bute la Verdier.
LE GARDIEN
Je n'hésiterai pas.
ORLANDO
Quel courage ! Quelle flamme ! Vraiment ! Je ne vois que trois doigts dans ta main, un manque et l'autre le cherche, tu souffres, tu n'as qu'une vie, revit et nie et meurt !
Il s'avance et tire sur le gardien.
OfF
La voiture est là, répondez ! Dring ! Dring !
ORLANDO
J'avais à dire à Dieu combien il avait été clément d'écrire ces lignes pour moi, pour toi, mais je ne pouvais et ne puis toujours pas souscrire à ses voeux. Si tant est qu'il ait d'autres idées dans les mondes suivants.
J'irai à travers mes morts écouter ses paroles et un jour serai-je un Dieu, un jour.
Sophia regarde le gardien, puis Orlando, elle se jette à ses pieds. Deux hommes arrivent sur scène, ce sont des flics, ils attrapent Sophia.
SOPHIA
Du plus profond jusqu'à fin fond de l'horreur, j'emporte Bande d'Enculée, la flamme de l'humeur, et ce n'est que par le feu que nous attendons de notre mort et la votre, Bande d'enculé !
Son
Les aimants ont fait exploser le car de police qui les emmenait... Le pacha suprême s'appelle le noble C, il a été présenté au peuple à trois heures ce matin, ils n'ont pu le voir qu'une minute, avant que tout Consiste Oyens aille se rendre dormir... Joc Overlas du Paris 21ième.
NOIR complet
Une rue, un clochard fouille les poches d'un corps allongé. Deux cigarettes s'allument.
Une lumière de rue se lève
1ier clochard
Ce pourri, il mérite des coups de savate, tiens chien ! Merci pour le fric !
2ième clochard
Ce salaud a buté une vingtaine de personnes, tiens enculé
(Il déchire ses vêtements)
On est comparé à ces lâches-là !
Il crache sur le corps d'Orlando.
1IER CLOCHARD
Je pourris dans les rues au bon coeur des gens qui s'alliennent, qui bientôt ne lâcheront plus un centime, quel porc !
(Il ouvre une bouteille)
Même musique qu'au début.
2IÈME CLOCHARD
Je suis déshydraté, je suis dépollué, et maintenant que je crois plus en rien, j'ai la méthode d'espoir: cinq litrons jusqu'au soir, des bulles nicotiniennes, du papier cru que j'avale... Il gît et je sens le tabac, et de ces coups-là, j'ai des marques blanches où il est écrits de ne surtout rien écouter et de lire tout, tout pour les mouettes qui empoignent le soleil pour s'aimer.
OFF
Tu vas voir c'est là qu'il est.
Les clochards se taillent. Trois gosses arrivent...
1ier gosse
Regarde, il est vraiment mort
Le 2ième gosse le touche.
2ième Gosse
Ah, c'est tout dur !
3ième Gosse
Monsieur monsieur, qu'est-ce qui vous arrive ? Réveillez-vous ! Réveillez-vous !
1ier et 2ième gosse
Il ne t'entend pas, il est mort !
OFF
Il est mort ! Il est mort ! Il est mort !
3IÈME GOSSE
Quoi, mais c'est quoi la mort, hein ?
1IER GOSSE
On dit qu'il tuait de sang-froid.
2ième GOSSE
Il cambriolait des banques, alors forcément...
Ils installent, le corps sur un banc.
1IER GOSSE
Les mains en l'air !
2IÈME GOSSE
La caisse !
3IÈME GOSSE
Non je suis le gardien, et personne ne volera rien ici.
1IER GOSSE
Alors on va te faire pêter la tête et on va prendre le fric.
2IÈME GOSSE
Décide-toi !
Le 3ième gosse se couche et tire, il rate, les deux autres tirent.
3IÈME GOSSE
Ah je suis mort !
1IER ET 2IÈME GOSSE
Bien fait Charogne !
Ils partent, le troisième môme reste couché.
Noir cOMPLET
LumIÈRE
SOPHIA PETITE
Papa me laisse dans le noir, j'ai peur, j'volerai plus rien papa...
Le 3ième gosse fait à elle dans la pièce.
3IÈME GOSSE
J'suis mort ?
SOPHIA PETITE
Quoi ? Ah !
3IÈME GOSSE
Qui es-tu ?
SOPHIA PETITE
Tais-toi tu dois pas être là !
3IÈME GOSSE
(Regardant ses mains)
Regarde, j'ai un pistolet.
SOPHIA PETITE
Laches-le !
La porte s'ouvre.
NoiR
LUMIÈRE
Orlando marche et touche à tout ce qu'il voit.
ORLANDO
J'ai rêvé mille fois, pénétrer dans cette chambre où sont planqués ses souvenirs,
(Il ramasse un flingue)
J'ai porté la main sur lui sans erreur
(Il le met dans sa poche)
OFF
Sophia ? Sophia ? Sophia !
OFF d'un psy
Sophia a un QI de môme de quatre ans...
Sophia est assise la tête dans les mains et vise le ciel
SOPHIA
Un mur est une chose révoltante, nous avons inventé la dynamite ! Bombes en tout genre et fusils à mots. L'excité trouve la forme exacte... et il bombarde ! Sais-tu con ? Je suis mauvaise !
Orlando arrive.
OrLANDO
Tu réponds
Il s'assoit.
SOPHIA
Viens Orlando,
(Elle le prend dans les bras)
Restes-là, tu sais où vit le crime ? Dans la tête d'un boulanger ! À cette heure, il bouffe une baguette !
ORLANDO
Si la mort frappe, c'est qu'elle est à la porte. Je suis parti pour expliquer ça à un homme dans le métro, il ne répondait pas je lui ai offert une grenade...
SOPHIA
Et tu crois qu'elle a tenu ?
(Elle rigole)
OrlANDO
J'ai perdu l'habitude d'attendre, j'ai perdu pied à six ans... je voulais un sac de billes et pour moi, rien ne devait m'empêcher de l'avoir.
NOIR
OFF
Les aimants ! Il est impossible de savoir où ils vont, même quand la bague à la main, ils crient l'amour... le sujet de leur inversion est toujours leur dégoût déjà trop imaginé... les aimants, les aimants. Si ou sinon leur nom, veut dire l'abandon de leurs impressions... ils deviennent des aimants terribles et leur aversion les gave de souvenirs inodores, et ce n'est qu'en tirant la chasse qu'ils s'oublient jusqu'à demain... si tout ou rien des livres du pardon, veut dire encore, alors never no, always yes. Signé la mort de dos à travers les Never More.
SON
Bruit de vitre cassée.
La voix d'Orlando et de Sophia se fait entendre. Ils entrent complètement bourrés et tirent une balle dans la vitre. Ils se précipitent vers les bijoux...
OrLANDO
De quoi, de quoi !
SoPHIA
Vieux loup ! Dix cuillères de purée et fout toi le doigt dans le nez...
Orlando sort et revient avec un corps. Il l'assoit à côté d'un coffre... Sophia écrit sur sa tête un morpion.
SOPHIA
Écrire en fumant une clope, tu pues des phrases maudites, et querelles en courant contre elles. De bêtise en bêtise, j'ai trouvé des cadeaux
(Puis lentement)
Des bijoux, des joujoux, hiboux... j'ai... la...
Elle se lève lentement et dégueule sur le flic. Orlando parle.
OrLANDO
Da, da, pan !
Il prend un bouquin, le lit et répète des mots.
OrLANDO
Explorer; trouver, une porte, insomnie, doute
(Il s'arrête)
Avant, formidable, coulis, de débilité, Monsieur, Dan Rienvague, tête de porc...
Il jette le livre par terre.
ORLANDO
Franchement, tu peux écrire mieux
(Il sort un sac de fraise et commence à manger)
Imperfection, défection, enfin merde et orgueil... pas mal, hein ? Oui, c'est bien !
Orlando se retourne et va voir Sophia.
SOPHIA
J'ai vu un orage, le dîné à secousses, sois un peu diplomate et lâche-moi !
Orlando lui fout une claque et la fait manger.
ORLANDO
J'ai lu un ouvrage; la poupée aux milles tours... j'aime pas... tu peux écrire mieux...
Le téléphone sonne trois fois.Il l'emmène dehors devant la scène, Sophia respire...
SOPHIA
(Au public)
Vous avez pas de la dope ? Allez, on se barre d'ici, je respire plus !
Elle se libère, fout une pèche à Orlando. Le téléphone sonne trois fois puis Sophia décroche.
SOPHIA
Allo ? Non, vous ne pouvez pas parler à Raymond, car il n'y a pas de tonton, ni de bouquins de l'autre et à monts. Vous téléphonez peu ici. Monsieur, prenez votre numéro de téléphone et retéléphonez ! Votre ami n'est sûrement plus là-bas... ah, c'est votre oncle ! Mais je m'en fous, c'est nul de raconter des bêtises qui déterrent la débilité. Aga, agagaga !Oui à demain, je vous passe le pape en personne, Don Guisepe Falcone !
Orlando prend le téléphone, un temps, il ne dit rien...
OrLANDO
Allo qui t'es toi ? Vous parlez beaucoup ! Donne-moi ton adresse, je t'envoie un fleuriste.
Il raccroche. Sophia met une perruque.
NoiR
Chez eux, ils préparent leurs affaires pour faire un casse.
SOPHIA
Dynamiter le nid d'Hirondelles
ORLANDO
De la porte sud saisir le magot
SOPHIA
Situé à l'entrée du garde balancer l'or à la tête des passants et voler une bagnole direction Monaco. Après les années ce sont les morts qui passent...
ORLANDO
Direction la bank !
SOPHIA
Assez réfléchit
ORLANDO
Que cette dite est ratée !
Ils se préparent à partir
OFF
Police ! Police !
Sophia et Orlando ouvrent la porte et tirent sur les flics...
ORLANDO
Mais non y'a personne !
NOIR
SOPHIA
Vous avez pas de la dope ?
Rayon de lumière sur un transistor
OFF
Ici Dan Gueva et Cil Vague, sur Axe 9, les deux êtres se font un nid où, pendant deux mois, ils hiberneront, corps contre-corps, c'est la manière humaine de se réchauffer. La marmotte, elle, aura fait ses réserv... clic !
Sophia est entourée de deux plaisantants de l'ordre en activité qui tentent en essai de la maîtriser.
SOPHIA
Laissez-moi, foutez-moi la paix !
Un garde
Et les lois ?
Elle leur échappe, ils en dégustent.
SOPHIA
(Les domptant, magique)
Du calme. Je connais les lois du futur... mon sang souffle de la fumée... allez jette tes mains sur ta tête
(Et elle le fait)
C'est bennissimo, comme ça !
Elle court, elle joue et se rêve encore cette fois.
UN GARDE
(Sans rien pouvoir)
Viens toi !
SOPHIA
(gueule)
D'accord, t'as un cerveau où cuit une cervelle, flish...
Elle adresse: où l'auront-ils ? Ils l'attrapent.
OFF
Sophia, où est la peur ?
SOPHIA
Donne-lui une indication ! De sortir de sa cage, elle sent le renfermé.
Garde 2
(Au bord du gouffre)
Putain, on va te buter ! Bon tu rentres, allez, putain, deux heures pour arriver à ta cellule !
SOPHIA
Pousse-toi dedans, ton nez pousse deux fois plus vite que ta barbe et ton menton tombe... pense un peu plus positif ! Toi déride toi, les mots décroisés t'encroûtent... sort ! Va voir les spectacles, enrichis toi avant de dormir, tu dormiras mieux... vous trouvez pas que vous ressemblez à deux Alphonses ?
Les deux gardes s'avancent...
UN GARDE
Tu prends bien le chou !
NoiR
Ils se battent, la violent...
SOPHIA
J'ai mes règles du futur...
LUMIÈRE
Orlando et Sophia de dos. Ils parlent à voix basse et font péter des pétards de mômes...
SOPHIA
Allez pose-là ta question !
OrLANDO
Comment c'était chez les Nymphes et Torrides ?
SOPHIA
Je sais pas, j'étais pas là regardes !
Un homme pisse sur la scène. Sophia et Orlando en profitent pour aller pisser sur la scène...
NOIR
OFF
Je vous ai jamais dit que je voulais chier sur votre gueule, mais je vous ai chié ça, à vos risques et puérils !
Fin
QU'UN RÈVE S'ANIME
Personnages
Crélos
Syluvienne
Eliodos
L'ombre
L'homme qui se prend la tête
Orela
Sophie
Les trois dieux
1ier tableau
Un homme passe sur la scène.
Lumière
La pièce représente une chambre à coucher miteuse. Bière sur la table, croquis par terre et sur le lit. On entend tousser Crélos. Côté cour l'herbe pousse pour écrire un immondice de papier...
Syluvienne
Partout où je vais tu me suis... je n'ai qu'à sentir son ombre. Tu es là contraire, contrainte, à te voir la fin lis la sur le thème... souris de te voir libre d'aller pour l'éternité, voir comment les choses s'achèvent... tu as voulus m'aimer. Mais l'amour disparu, tu enlises la fin... inexorable oubli, je redeviens mère et toi, tu n'es que ma mort, tu griffes ma main, et indignes mes sens...
Crelos
Argh !!
La bougie qui se trouve à côté de Crélos s'allume.
Eliodos
Tout cela, tout ceci, tous ces mots, ah, si mon esprit valait mon image... tu parlerais des heures, je subis à outrance, violence, mais ne me noie pas dans tes mots, dans tes sens, j'entends aimer peut-être, j'entends-tu, je vois ton dos, tes mains, connerie que tout cela...
SYLUVIENNE
Tu lasses mon dialogue...
CRELOS
Tu bats, catalogue un nid de cigogne, un rêve qui grogne
Syluvienne et Eliodos se retirent. Crélos se lève, la bougie s'éteint.
LUMIÈRE
Crélos titube et tombe par terre.
CRELOS
Ron, ron, ron, ron...
Une ombre passe, la lumière diminue et s'éteint.
Off
Il va falloir comprendre, se laisser surprendre, accepter d'apprendre de soi, se laisser prendre
LUMIÈRE
CRELOS
Crélos met un disque. Il s'habille en fixant la glace, m'aimerais-tu, égocentrique ? à chier une de ces merdes électriques, me pousseras-tu sans règles à créer excentrique, sale image recrée, espèce d'utilité plastique.
Une fille entre et se déshabille, Crélos s'approche d'elle avec une toile. Ils dansent à gros pas.
CRELOS
Danse ma belle... Vole beau oiseau, diriges-toi vers le Styx, on a des heures à boire...
La lumière baisse
On les aperçoit comme dans un brouillard, Crélos peint. Un homme passe habillée classe.
L'homme qui se prend la tête
Ici, rien ne s'installe, on sait que tout passe comme un songe allumé, une cigarette perdue dans le vide...
Crélos et la fille sortent. Un temps. Il se replace au même endroit, face au miroir.
CRELOS
Je veux que tu voies, le vol de mouettes, c'est chouette en hiver, non ? Je veux que tu voies, je veux que tu sentes.
Là, il s'agite, il sort de scène, il revient au milieu de la pièce, ils sont deux. Crélos se met à boire et son ombre le remplace, une autre voix...
L'ombre
Déchire-toi !
Il peint, il lui crève l'oeil droit, elle saigne...
L'OMBRE
Hante-toi, étire-toi...
Il traîne, elle pleure, il peint.
CRELOS
J'ai de la haine pour toi, je te hais mon amour... je te hais, je te aime, d'haine. Crève et souris-moi.
Il boit et il chante.
CRELOS
Amour âme au pluriel, délivrance de la haine. Amour âme tu suggères, décadence de la peine...
OFF
Toc, toc, toc, vous massacrez les aveugles. Vous utilisez l'horreur, ils vendent nos âmes. Ils payent nos pauvres.
Son
Bruit de porte qui claque.
Noir
SON
Grand cri violent, Crélos traîne la fille, s'assoit et taille une forme de pinceau.
CRELOS
L'eau verse en une.
Il l'arrange.
CRELOS
Coulée d'urne, d'asphalte grondant, l'amertume verse un mar et d'une à une, le cortège, protégé se lève.
Son
Musique
Des femmes en hardes.
CRELOS
(Peint, hurlement)
Entrée !
Quelqu'un cogne ! Une jeune fille entre. Crélos s'approche d'elle et se transforme en bossu.
CRELOS
Est-ce que laideur lasse ?
La jeune fille est gênée.
CRELOS
Non !
La jeune fille
Il vous faudra beaucoup de temps ?
CRELOS
Asseyez votre peur ! Les mouettes attendent !
Crélos griffonne sur un papier. Elle lit doucement.
SYLUVIENNE
Je comprends pourquoi il paye tant, c'est l'horreur ce mec !
CRELOS
Regardes-les, elles volent, bois !
Syluvienne boit !
SYLUVIENNE
Folie t'emporte ?
CRELOS
Et toi qui t'envois ?
SYLUVIENNE
Besoin de blé ! De fleurs, la folie m'entoure !
CRELOS
Les mouettes volent au-dessus de l'Empire State Suicide. Vole avec eux !
Noir
SON
Bruits de gémissements craintifs jouissifs.
SYLUVIENNE
Dessines-moi !
Flash de lumière
Syluvienne est nue, il lui fait l'amour et l'ombre dessine.
NOIR
Crélos toujours en bossu.
CRELOS
Je t'aime Sophie, ton souffle se verse en moi. Et tes soupirs m'extirpent.
Changement de lumière
CRELOS
Eléonore en moi, l'émoi sucre parfum, s'arrache en toi le balourd.
ChangEMENT DE LUMIÈRE
CRELOS
Tila je t'aime s'active Catherine en folie à chaque coup de pinceaux scintille autour du rythme à boucher. C'sil, je t'aime !
Il peint des corps allongés. Syluvienne se place au milieu des corps. Le mec classe qui se prend la tête présente sa requête au public, c'est un admirateur des jolis mots et de l'élégance, alors tout est finest style.
L'HOMME QUI SE PREND LA TÊTE
Approchez l'odeur est limpide, silfurique, en élastique, se terre dans les narines, en vaisseaux volutes, cet air cher vous libre change... On met au maximum ?
Il regarde le public et d'un geste, actionne le bouton qui contrôle le son, rigole et s'en va.
SON
Musique à fond.
Crélos et Syluvienne dansent dans une fureur vol air... ils courent sur le lit, sautent par terre, chamaillent, tombent... la musique s'arrête. Elle court remettre un disque.
OFF
L'ombre s'excite, vous ne trouvez pas ? Elle a tant de colère.
L'OMBRE
Peint Crélos !
(De colère)
Peint Crélos !
Crélos se relève, la bouge.
CRELOS
Il te faut partir petite ! voler outre-tombe avec moi...
Elle tourne, les yeux coupés du monde.
SYLUVIENNE
Je t'emporte !
Le sol se lève... en corps, dansent... comme des Tsiganes, un vin de couleur les maquille... et leur reflet à l'huile scintille l'air. Crélos et Syluvienne, à la danse ranimée, s'ondulent à leur rythme, en mêlant leur âme, idéalisée... l'ombre peint. Crélos titube en dansant. L'homme qui se prend la tête arrive avec un chevalet, le plante face au public et s'en va... il remonte sur le lit, redescend, marche, tombe... l'ombre dépose son tableau sur le chevalet et colère l'emporte hors de scène... Syluvienne rigole fort...
Noir
Lumière blanche
OFF
Excusez le bruit que tout ce petit monde a fait en partant mais vous les avez surpris.
Eliodos et Syluvienne dans la chambre de Crélos un peu rangé mais bien aéré.
ELIODOS
Oh ! Oui ! Cool ! Fous ton cul là ma petite !
SYLUVIENNE
Et vous payez bien au moins ?
ELIODOS
Je m'occupe des artistes !
Ils se déplacent dans la pièce sans but...
La lumiÈRE BAISSE
Eliodos et Syluvienne se transforment... Syluvienne à l'oeil illuminée, Eliodos l'envie de baisser les yeux, Syluvienne l'envie de bouger...
La LUMIÈRE BAISSE
Eliodos tombe. L'ombre l'extirpe de la lumière jaune.
LA LUMIÈRE BAISSE
Syluvienne trouve le tourne disque et met un disque... et se transforme en fée tsigane... Les perles qu'elles avaient au cou sont des objets de prêtresse. Sa longue robe se déchire en une danse.
CRELOS
Et alors que me fout ce que me danse, l'amour t'a mis Dom.
Il la chope.
CRELOS
Il me faut te peindre morte...
Elle le frappe, il prend un baril d'essence, lui en jette, elle le frappe. Il la bloque mathématiquement dès qu'elle veut s'enfuir.
CRELOS
Une pousse cannelle, cannaüm, miam-miam !
Elle le frappe, il l'a chope encore, elle frappe, il tombe. Deux mecs arrivent habillés en mage, ferment les rideaux en courant, les ramènent vers eux...
Lumière TOUTE-PUISSANCE
Les deux mecs lâchent le rideau. L'ombre installe sa peinture face au public...
L'OMBRE
Va falloir élever l'amour un peu mieux... il sort. L'ombre se chinoise derrière le drap beau de Crélos, dans sa chambre, joue Eliodos.
ELIODOS
Putain, c'est bon la viande de bossu, mais moelleux ! Bof, c'est ceux qui en parlent dans les journaux qui en mangent le meilleur ! J'aurai dû apporter un meilleur couteau...
SYLUVIENNE
(À côté de lui s'éveille et gargouille ça)
Laisse-nous continuer, errer, pouvoir, mon petit, va mouton ! Jouer... les grands consomment...
La poursuite pousse Eliodos hors de scène...
CRELOS
(En naît)
Rien plus tard... je prendrai plus tard ! Barrez-vous les petits C'il d'arc-en-ciel, le large vous attend...
Il sort, éteint la lumière fil d'argent... Syluvienne et Orela restent ensemble.
L'OMBRE
(Derrière son drap)
En de mille bras suce sans cesse, chaleureux, elles usent.
Elles ont peur, elle se préparent à l'attaquer ou à fuir...
L'OMBRE
Et je pense à elles, une entre elle, tombant à la renverse, miel sur elle s'arrache les sortes identiques, s'attrapent au vol, coulant les collants à frottement t'as le clito, la fureur !
Elles se regardent et se fondent en folle en dansant, en volant hardes au vent... Crélos entre prend une bière... peint... se lève, prend une bière...
CRELOS
Arghh !
L'OMBRE
(En sa demeure lumineuse)
Fais-en une âme-amour entre elles...
Crélos peint, Syluvienne et Orella s'embrassent très pro, sourire casseur et moqueur, elles se fondent entre elles... Crélos se dérange pour la porte...
OFF
(Hyper brusque)
Toc ! Toc ! Toc !
Crélos accueille Sophie et la tue en jouant le vieux clown.
OFF
Nous avons l'auteur...
L'auteur
Je rêve ? J'aime bien ma façon de tourner atour du pot...
Trois dieux arrivent sur scène, ils parlent en voix-off.
Les trois dieux
Cet homme sème le dit ordre, la base des choses oublie le ouf.
(Voix métallique)
D'une minute d'orve... l'optimisme...
Lumière aveuglante dirigée sur le public
Les acteurs, le temps d'hurler que tout va bien...
Lumière sur scène
Syluvienne danse aux coups de pinceau de Crélos. Il lève le pinceau, elle s'immobilise. L'hombre à la tête dans les mains, siffle... deux hommes avancent avant scène et regardent le public.
First
Je sais ce que vous vous dites, je vois... c'est le seul espoir...
Ils s'immobilisent, se transforment...
OFF
Hurlement, grognement... en lion... et s'en vont, à quatre pattes... Crélos fait danser sauter, à coups de pinceau, Syluvienne qui suit les lumières... mouettes qui volent...
OfF
Mouettes rieuses...
SYLUVIENNE
Ah ah ah ah ah
(Comme un enfant)
Deux mecs habillés en trop petite taille, arrivent avec des draps, prennent le tableau de Crélos, et se mettent des draps sur Syluvienne et Crélos. Ils mettent le tableau avec préoccupation sur le chevalet, face au public.
NOIR
Crélos fait du bruit sur la scène.
LUMIÈRE
Crélos regarde le match de foot. Syluvienne arrive prêt de Crélos, s'assoit par terre entre ses jambes... Y'a combien ?
CRELOS
2-2 mais c'est la fin du match, peut-être qu'il va se passer quelque chose...
SYLUVIENNE
Ce sera pas comme dans la pièce !
Les autres acteurs ferment le rideau.
Noir
LA REVOLTE DES SIDAMAN
Personnages
Lui « le dormeur »
Elle
Lui 1, Lui 2, Lui 3, Lui 4, Lui 5, Lui 6
Le clown
Le prof
Le papadou
Maryse
Le pacha
L’auteur
La narratrice
Et une vingtaine de personnes qui jonglent avec tous les rôles…
Lumière
Le métro.
La lumière grandit
On voit des mecs habillés en mafiosi, ils s'engouffrent dans le métro.
Lui 1
(Hyper relax)
Bonjour, Messieurs Dames, nous sommes des Sida-men... Il paraît que tout le monde peut s'exprimer dans le métro. Eh les mecs, vous pouvez pas savoir le nombre de capacité qu'on exploite quand on va mourir...
Lui 2
(Très lent et sur de lui)
Ouais, c'est comme moi, vous savez avant, je touchais à rien en électronique et là, je nous ai concocté une petite bombe...
Off musicale d'une hotesse de l'air
Si vous avez des sueurs froides, vous trouverez sous le dossier de votre siège, de petits sachets de citron, que vous vous mettrez sur le front..." "if you have troubles, take the little lemon-stick under your seats and put it on your face...
Lui 3
(Il monte sur un siège)
Vous savez très bien, je pense, que, on a pas trop de blé, argent, monnaie, flouze pour nos expériences, nos petites expériences scientifiques... Ah, Ah, Ah, Ah, Ah !
(Se reprenant)
Donc nous allons passer parmi vous avec un grand sac-poubelle que vous allez remplir...
Une danse s'organise, tous les Sidaman vont vers les gens, les remercient de leurs dons, les embrassent, les touchent, les caressent de partout...
Tout les sidaman
Ça fait plaisir de vous toucher !
Son
Musique de guitare
OFF
Là, il va arriver quelque chose de mal ! Faut pas chercher les Sidaman ! Tin, tin, tin, tin, tin, tin, tin !
Lui 4
Mais t'es pas gentil, cool ! T'as donné que dix francs, qu'est-ce qui t'arrive ?
Flash de lumière
Lui 5 fait un geste au ralenti, il déboutonne trois bouton de sa veste, l'enlève et l'envoie sur un mur violemment, il a un déhanchement; une ceinture avec une big seringue... il l'empoigne et s'avance et tue quelqu'un au ralenti...
Rideau
Quelqu'un, un rasta, sort du rideau et se met devant les gens.
Le rasta
Mais je vous l'avais pas dit ? C'est terrible !
(Il ressort)
Faut pas chercher les Sidaman !
Acte 2
RideaU
Un supermarché. Plein de gens font leur course avec leur caddy. Et les Sidaman campent et mangent sur une table de jardin.
Lui 6
Eh, les mecs, j'vous ai dégoté une bonne
bouteille !
Bah le culot s'installe.
Lui 5
Eh, regarde la meuf, elle est pas mal, bien
Roulée ! Eh ma poule, tu viens me faire un bisou, ça te brancherait une petite baise avec un Sidaman ? Rapide, efficace, tu vas adorer...
La fille
Gros con, la malaria, ça te tentes ?
LUI 5
Ah ouais, j'ai jamais essayé !
Lui 5 va avec elle, ils sont hyper contents, ils se cassent.
LUI 4
Oh la la , la vieille dame ! On en fait plus des comme ça ! Alors mamie, vous avez quel âge ?
Lumière noire et blanche en alternance des deux côtés de la scène
La vieille dame snobe, elle a tort, les Sidaman manquent de patience...
SON
Bruit de ronflement d'auto
Lui 4 se met en position top chrono, pistolet à gaz à la main.
LUI 4
Madame ! Le son de ma voix vous est-il imparfait ? L'amitié que je vous porte n'a donc aucun attrait ? Les mots ne peuvent donc que vous extirper ce sentiment de crainte envers moi ? Je suis pourtant votre humble serviteur qui n'est pas à l'abri d'une larme.
Lui 2
Ggggazzzzifffié llla dddaaaammme, ssuppperbbbee l'iiiinnnveeeennnnttttiiionnn ddddu ggggaaaazzzz àààà rrrrééééaaacccttttionnn.
Une dame arrive accompagnée de deux grands flics.
Un des flics:
Voyons Mad, c'est un Sidaman !
Les deux flics commencent à chanter.
Les deux flics
Faut pas chercher les Sidaman !
La dame part en courant en faisant des sauts:
La dame
Oh, mon Dieu !
NoiR
2 rastas et 4 handicapés ouvrent le rideau.
LumiÈRE fine et chaude
Deux hommes à l'intérieur changent les décors
Eux
Eh, ce serait ça si on s'aimait tous...
Lui avec des hommes et des femmes tous nus. Ils marchent, se regardent, font des rondes, des lignes, des ficelles, puis chacun d'entre eux va dans un endroit isolé, se regarde, se sentent, s'aiment. Ils chantent.
SON
Musique jazz
Et chacun se dit par un souffle: au revoir à sa manière. Un homme et une femme courent de l'autre côté...
Noir
LumiÈRE. Feu.
Une vingtaine de gens sur scène. Fond scène. Une assemblée fait du bruit pour venir.
LumiÈRE brouillante
Un clown
(souriant)
Mesdames et messieurs aujourd’hui samedi coupe tête !
Il se déshabille.
SON
Musique de show
Il est habillé en animateur télé. Un groupe apparaît ce sont les G.P. Deux VRP, un cadre, un restaurateur, un mec bien. Ils chantent.
Les GP
Ici vont être jugés les criminels de notre société, les empêcheurs d'être bourgeois en paix, oh oui, oh oui oh ! Le métro boulot dodo à l'attaque ! À la vie ! À l'argent ! Préservons notre petit jardin de blé où fleurit notre argent et tuons les vilains...
Il montre du doigt les gens assis en face d'eux. Le clown les pousse.
UN CLOWN
Charmants amis !
(Il fait un tour à la Mickael Jackson)
Le show va commencer !
Lumière rouge 5 secondes
Lumière blanche, lumière pure
L'homme couché hurle un sommeil des rêves ici.
OfF
(Voix profonde)
Non ! Partez, on fera ça un autre jour !
UN CLOWN
Mais, mon spectacle !
OFF
Fais ce que tu veux, sale con !
UN CLOWN
Le dit clochard du coin !
LumIÈRE sur le clochard
Le clochard avance attiré par l'odeur du voyou. il tape son marteau, jugé !
UN CLOWN
Vous trouvez pas que vous emmerdez un peu nos enfants ?
Le clochard du coin
C'est peut-être ma vue qu'importune vos enfants ?
UN CLOWN
Bah, vous êtes condamnés !
Le groupe l'aspire violemment que vont-ils lui faire ?
L'auteur
Ah ben, c'est bizarre ça ! Ben on a rien vu !
SON
Musique
Les GP
Faut pas chercher les bourgeois ! La société n'aime pas ça ! La société n'est pas contente ! Aïe, aïe, aïe, aïe !
UN CLOWN
Les dudits clochards
La lumière va sur un autre clochard puis elle danse au dessus des têtes que le clown nomme
UN CLOWN
Les dudits PD... révolutionnaires...
Les Sidaman sont en groupe comme des mafiosi, ils traversent les rangées, la lumière les apparitionne comme des dieux ?
L'auteur
Ah, eux aussi ?
UN CLOWN
Les dudits en marge !
LuMIÈRE. FEU.
Le groupe matraque les Sidaman qui ne font pas un geste mais qui reste debout. Le clown en transe, tape, tape, tape. Des gens se lèvent.
LumiÈRE rouge
OfF d'enfant
Papa pourquoi tu payes des gens pour
Te défendre ?
Son
Eh ! Le clown ?
UN CLOWN
Chéri ce sont des Sidaman !
(Crie t-il le marteau à la main)
NOIR
OFF du père
Chéri mange ta soupe !
OFF D'ENFANT
Parce que toi, tu es le plus fort ! Tu n'as besoin de personne !
LumiÈRE
Une Sidaimante s'approche du dormeur enrêvée.
La sidamante
On y va ! Oui ou non ?
Le sidaman
(Levé comme jamais endormis)
Ok, qu'est-ce que tu veux que je te dise lucide ? Comme une bulle de chewing-gum !
(Il marche sur le lit)
Je vois des choses !
(Elle monte sur le lit)
LA SIDAMANTE
Tu as peur ?
(Elle fait la moue)
Go !
LUMIÈRE
Le lit, action.
NOIR
LumiÈRE
SON
Bing rythmé jazz !
Un lieu, une école, on y dit quoi ?
Le prof
(haut)
Des gens, les petits, tués partout, à chaque instant pourquoi ? Seuls les gens en Renault 21 peuvent le savoir ! Les sacs sont troués depuis longtemps et les larmes des limites font sourires les dieux francs, les dieux francs seulement, à qui je sers la main tous les matins. Ô monde !Ô gardien du savoir, essayez plus d'encourager que d'imposer votre conversation ou pour les perles rares on Dom à d'homme les autres avec un peu plus de courage ! None !
LUI 1
Guerre, meurtre, virus homme d'homme, summun apocalyptum...
SON
Bruit de musique
Quatre hommes de la milice arrivent dans la classe, lynchent les Sidaman. le prof en prend plein la gueule, mais il parle.
Le pROF
Brave, essilum, attendium, satisfactum queram...
Lui 2
Et silvis genem querelum libertum, libertum.
LUI 2
Liberazion !
L'auteur
Il avance sans comprendre le petit
La nARRATRICE
Eh oui mon vieux gros copain Thierry ! la liberté !
Le prof ressort, il est amoché, il titube, un peu faux.
Le pROF
Liberté dit Horus.
J'espère que la poursuite n'aura pas oublié de suivre le prof.
Le pROF
(En partant)
Horus qui était ... un mec qui se débrouillait tout seul... au fait il est là !
NOIR
Une petite lumière jaune
Un enterrement.
Le Papadou en cravate blanche.
Le papadou
(Voix à la Droopy)
Monsieur MR,
Il se relève tout le temps sur la pointe des pieds.
Le paPADOU
Georges Lascaux est mort de cette grande épidémie qui ronge nos familles, ils avalent nos vies.
(Il se balance de haut en bas)
Monsieur MR Georges Lascaux était un homme aimé de tous, protégé par sa maladie, il a accompli une oeuvre plus considérable que tout. Maintenant nous allons chanter pour toi Georges.
Ils chantent et ils dansent tous très vite comme des petites sauterelles, ils bougent les bras au ciel.
SoN
Musique blanche
Ils chantent
In somilin sacribuldun kun assassinum benifato
Les gens en coeur
Emmène !
Les femmes de l'assistance se délivrent du mal;
Les femmes
Oui, oui, oui, emmène-nous un peu plus loin !
Son
Bruit d'applaudissements en transe.
La narratrice
Ah bon quel beau soleil ! aujourd'hui dimanche on enterre !
LUI 1
Eh une seconde, je vois que vous l'adoriez, c'était votre fils chéri à tous ? Alors moi et mes potes on a décidé...
Ils ouvrent leur veste.
Les autres lui
De tous vous piquer par amour !
La lumière baisse, flash de lumière !
NOIR
SON
Bruit sur la scène, un téléphone qui sonne, une chaise qui tombe, quelqu'un qui crie, des hurlements, des pleurs, des implorations...
Excès, il y aura.
Rideau
SON
Si vous avez des sueurs poires, apoilez vous la tète... sur les seins de sa femme, on se sent chez soi ! If you have a toothache, fuck off your lady, she's waiting love... dream on...
OfF
Bruit à l'intérieur de la voix-off, bruits de coups.
Les GP ouvrent le rideau, ils ont l'air fiers. Le lit, il dort ce mec. Lui en second plan, regardant le ciel sur la sculpture comme sur un rocher dans une pose Birdy que notre conscient assassine souvent... crevettes, pour certains la vie est caviar pour d'autres crevettes ! Il se déploie, tournoyant, imitant l'aigle, la danse dure.
La lumière baisse en baisse
Des Sidaman arrivent.
La lumière devient jaune et puissante elle fait des flashs de lumière.
Les Sidaman ont plein d'armes, fusils à haute portée, bouche énormes, arme de défense.ils installent des tables à une vitesse-record et se mettent aux expériences chimiques, lui 1 découvre une bombe à la vitesse d’un songe court porté... lui 2 lève la main fait claquer la lumière par l'éclairagiste, va dans les coulisses, revient en courant, une Sidamante est à sa chasse.Le lui danseur se fige.
Lui 1
Putain, ça me rappelle un truc là !
Noir
Lui 1
(À lui 2)
En tout cas c'est vos histoires, nous...
Et ils s'en vont...
OFF
Qui c'est qui parle ici, toi ?
Poursuite sur la scène sur lui
Une dame passe, il avance vers elle droit dans les yeux...
LUI 1
J'ai senti vos yeux dire à mon dos tout le regret que vous avez à ne pas, vous, communiquer.
La dame s'en va, il se rassoit, devant lui la Sidamante, main sur les hanches s'approche de lui, de son oreille et parle bas, elle se relève, s'en va dans les coulisses, revient. S'en va revient, s'en va, revient, côté cour, côté scène. Là maintenant une dame passe. Lui est toujours rassis un homme fait son footing.
OFF
Nous avons l'auteur.
L'auteur
Merci, narratrice ! Je trouve que là, c'est un peu banal, les scèniens sont immobilisés. Mais là cette scène vient dixit de l'inspirateur, un type bien un embaumeur, celui qui remplit votre corps de chloroforme, un esthéticien quoi ! Il est payé par le bip, merci à lui.
La nARRATRICE
Oui c'est beau à voir Thierry ! 1-1 la situation n'est toujours pas perdue !
LUI 1
Avant on m'appelait Jo le croque mort, on a même écris une song à mon sujet.
Un groupe avec des micros, deux noirs, un clochard, une pute, deux pd, un squelette de môme se mettent en arrêt sur image. Un professeur blouse blanche, lunettes, bouchon crotte de nez dans les narines.
Le pROF
Allez Maryse ne soyez pas timides...
Maryse
Mais ils ont le sida, c'est pas pareil que caca boum.
Il tape un coup brusque par terre.
LE PROF
Maryse ! Nous ne sommes pas à la télévision
(Au public)
Bon je n'ai pas beaucoup de temps, Maryse aime dessiner.
Son
Bruit de tambour
LE PROF
Et voici deux noirs, deux nègres, bon ça pue, ça enfume !
(Il les montre, tape des pieds, fait des gestes dégoûtés)
Ça enflamme nos têtes de feuilles de cana et le sexe de nos filles... Sidaman par la seringue drogue
(Il montre le clochard)
Regardez un clochard, c'est in Sidaman puant, sans institution et en plus
SON
Bruit de tambour
SON
Marginal Sidaman ! Par la seringue esprit. Et encore... y'en a acteur, écrivain, chanteur, homme d'état, tata, tonton ! Deux pd par le cul ! Oui monsieur par le cul !Une pute sans pédigré on peut tirer pour Sidaman. T'as aussi un squelette d'enfant, allez au dessin les enfants.
Il s'en va Maryse aussi. Le groupe se met en place et chante.
Le groupe
Mais si t'es moche, tu pues, t'es vilain, sale putain de croque-mort !
LUI 1
J'étais embaumeur, boulot stressant au possible...
La Sidamante marche en tapant partout dès qu'il parle.
LUI 1
Voilà qu'un jour, je vois !
(Il fait un geste lourd et rapide pour tomber pile sur elle)
Elle !
(Il l'a montre)
Elle me sourit et dégoupille une croûte sur sa bouche, et l'envoie valser sur un clebs.
SON
Kaï, kaï, kaï, kaï, Sidaman !
Le groupe surgit.
SON
Sidaman !
LUI 1
Elle m'embrasse sur la joue, je venais juste de m'enlever un spot Pédigré pal
(Il montre un bouton sur sa joue)
Putain, sale bouton de chaleur ! Alors là, ça a été le coup de foudre. Là maintenant, je peux vous annoncer une bonne nouvelle, on va se marier, on vous invite tous !
Le groupe laisse sortir ses têtes des coulisses.
Le gROUPE
Nous aussi ?
Lui et la sidamante
Oui
LE GROUPE
(Il chante en gospel)
Nous aussi, nous aussi, nous aussi ! Oh si ! Si ! Aussidaman ! Yeah !
La Sidamante le regarde et court vers lui.
Le grOUPE
Handicapé, Handy KP, et myopathe, nous les Sidaman, on passe souvent à la télé, mais toi aussi, tu peux taper le 36-15 Mongolien, tu peux chanter avec nous...
Un petit Mongol vient chanter sur scène, il chante.
LE GROUPE
Bouga, bouga de mengede bokoboro roro ririti bigolo bouga de mende gabillé mogobolo libidi didéa...
Lumière affolée sur scène.
SON
Musique qui suit l'affolement.
LUI 1
(Court en gueulant)
Les délires intenses des deux stress accumulent dans nos têtes des pensées inhumaines.
LUI 2
(En courant aussi)
Si vous pensez tragique, n'en ayez pas de mauvaises consciences, pas de douleur...
LUI 1
Qui ne fût si proche que vous ne puissez en parler.
LUI 2
Si profonde que les autres s'effacent à leur vue, si basse. N'ayez que des blessures vivantes.
LUI 1
Profitez, jouiss